À peine la rentrée scolaire terminée, je me retrouve déjà face à une réalité douloureuse : des enfants victimes de harcèlement scolaire viennent me voir au cabinet. Chaque année, c’est le même constat. Derrière leurs regards parfois éteints ou leurs sourires forcés, je perçois une souffrance profonde. Souvent, ces enfants sont également suivis par un psychologue, et mon rôle de sophrologue vient en complément, pour leur offrir des outils concrets qui les aident à retrouver un peu de sérénité.
Ce que je vois chez les enfants
Lorsqu’un enfant subit du harcèlement, c’est toute sa confiance en lui qui est ébranlée. Certains n’arrivent plus à dormir correctement, d’autres ont l’estomac noué chaque matin à l’idée d’aller à l’école, d’autres encore se replient sur eux-mêmes. Je les accompagne avec douceur, à travers des exercices de respiration, de détente et des visualisations positives. Mon objectif est de leur redonner accès à une bulle de sécurité intérieure.
Je vois combien la sophrologie complète le travail du psychologue. Tandis que l’espace thérapeutique permet de mettre des mots sur la douleur et de comprendre la situation, mes séances donnent aux enfants des moyens pratiques et immédiats pour calmer leurs angoisses et renforcer leur confiance au quotidien.
Les parents, eux aussi touchés
À chaque fois, je constate que ce ne sont pas seulement les enfants qui souffrent : les parents portent aussi un poids énorme. Ils me parlent de leurs nuits blanches, de leurs inquiétudes constantes, de leur colère ou de leur sentiment d’impuissance. Ils veulent protéger leur enfant, mais se retrouvent démunis face à la violence des situations ou au temps nécessaire pour que l’école réagisse.
Je choisis donc de les accompagner également. En sophrologie, ils apprennent à relâcher leurs tensions, à se recentrer et à retrouver un peu de force. Car un parent épuisé a plus de mal à soutenir son enfant. Travailler sur leur respiration, sur leur ancrage, sur leur confiance en leur capacité à être là pour leur enfant, les aide à tenir sur la durée et à garder une posture rassurante.
Une prise en charge qui dépasse le cabinet
Face au harcèlement, je suis convaincue qu’aucun professionnel ne peut agir seul. C’est un travail d’équipe entre le psychologue, les enseignants, parfois les associations, et bien sûr la famille. De mon côté, je transmets des outils simples que l’enfant ou le parent peut utiliser à tout moment : respirer profondément avant d’entrer en classe, retrouver le calme après une crise de larmes, ou encore s’apaiser avant de dormir.
Chaque fois que je vois un enfant repartir avec un visage plus détendu, ou un parent qui me dit qu’il a enfin passé une nuit plus sereine, je mesure l’importance de ces petits pas. Ce sont eux qui construisent, jour après jour, un chemin de reconstruction.
En conclusion
La rentrée devrait être une période pleine d’élan et de projets. Pourtant, pour certaines familles, elle rime avec la peur et l’épuisement liés au harcèlement scolaire. Dans mon rôle de sophrologue, je choisis d’être à leurs côtés, de leur offrir un espace où respirer, souffler et se ressourcer. Car même au cœur de la douleur, il existe toujours une force à retrouver, une confiance à reconstruire et un avenir à réinventer.



